Parti Communiste des Ouvriers de France

Traité UE-Mercosur : Mobilisation de la Confédération paysanne devant le Parlement européen
10 décembre 2025

Le traité UE-Mercosur (1) doit être approuvé avant le 20 décembre 2025 par le Parlement européen. L’accord n’est pas encore ratifié et la Confédération paysanne (CP) poursuit sa mobilisation pour s’opposer au traité. Après une manifestation nationale le 14 octobre à Paris, pour dire STOP au libreéchange et au moins-disant social et environnemental , la CP a investi lundi 24 novembre le parvis devant l’instance européenne.

La CP soutient l’idée d’un vote de blocage par la France et demande aux eurodéputés de contester le traité de libre-échange devant la Cour de justice de l’UE. Elle dénonce les pressions de la présidente de la Commission européenne pour faire avaliser le traité et l’argumentation de Macron sur les « avancées possibles » via des mesures « de sauvegarde ».

Agriculteurs, apiculteurs, éleveurs, horticulteurs, maraîchers, d’Alsace, des Vosges, d’Allemagne … se sont retrouvés autour des stands d’information et de restauration, avec drapeaux, banderoles, et musique. Les porte-parole régionaux et national de la CP sont intervenus devant la banderole « NON au Mercosur ».

Une centaine de militants –  Amis de la Conf, Collectif d’Alsace des luttes paysannes et citoyennes, militants d’Attac, Greenpeace, d’Alsace Nature, etc. ainsi qu’une élue écologiste d’Alsace  – étaient présents.

La délégation de paysans allemands de ABL (2) atteste que ce traité produit pour les mêmes raisons les mêmes conséquences pour ceux qui, en Allemagne comme en France pratiquent et défendent une agriculture paysanne, non productiviste.

Notre parti a soutenu ce rassemblement.

Un enjeu de taille

En pleine guerre économique et commerciale, les impérialistes européens cherchent à diversifier leurs « partenaires » pour assurer leurs débouchés et leurs approvisionnements. Les droits de douanes sont une des armes de cette guerre. Le libre-échange permettra entre autres d’inonder le marché sud-américain de produits manufacturés venant d’Europe et de pouvoir s’approvisionner en matériaux rares (lithium, cobalt, graphite, etc.) pour leur production dans les secteurs stratégiques (automobile, électronique…).

C’est ce que dénonce la CP par son slogan « bagnoles contre bétails ».

Des clauses de sauvegarde irréalistes

En France, Macron fait miroiter les clauses de «  sauvegarde  » mises en place en 2023 par la commission européenne (3). Il réaffirme que la France ne signera que si le Mercosur inclut les normes sanitaires et environnementales de l’Europe.

« Ces clauses miroir sont du pipeau ! » intervient un agriculteur. «  … Irréalistes car cela nécessiterait une réouverture de l’accord et l’aval des pays du Mercosur » écrit la CP. Les pays du Mercosur, surtout l’Argentine, s’opposent à ces clauses. Un bras de fer est engagé entre les deux parties et les termes de leurs négociations restent flous et méconnus du grand public.

La manœuvre du traité intérimaire

Pour contourner les différentes oppositions, « la Commission souhaite découper l’accord d’association en deux pour isoler la partie “commerce” et faciliter sa ratification. Le volet “commerce” de l’accord serait présenté sous la forme d’un accord commercial intérimaire. Il relèverait de la compétence exclusive de l’UE, et ne serait soumis qu’à l’approbation de la majorité qualifiée des États membres au Conseil et du Parlement européen.

En cas d’échec de la ratification (…) dans un ou plusieurs Etats membres, l’accord de commerce intérimaire resterait en place.» (3)

Un traité à combattre par tous les moyens.

Les perdants seront les peuples des deux continents. Surexploitation dans les mines et les haciendas sudaméricaines, mort de l’agriculture paysanne, aggravation des conditions sanitaires de l’alimentation et impacts importants sur l’environnement partout.

La Confédération Paysanne combat le modèle d’agriculture capitaliste, intensive et exportatrice depuis une vingtaine d’années en France aux côtés de Via Campesina et de la petite paysannerie en Europe. Nous devons la soutenir.

L’opposition à ce traité doit grandir.


1. L’alliance Mercosur est constituée de l’Argentine, du Brésil, de l’Uruguay et du Paraguay, membres fondateurs (le Venezuela a été suspendu en 2017), puis rejoint par la Bolivie en décembre 2023. Autres États associés : Chili, Colombie, Équateur, Guyana, Pérou et Suriname.
2. ABL  : Arbeitsgemeinschaft bäuerlicheLandwirtschaft : Collectif de travail pour une agriculture paysanne
3. En mars 2023, l’UE a adressé au Mercosur un protocole annexe à l’accord, contenant de nouvelles exigences environnementales et commerciales.