Occupation de Grenoble Alpes Métropole 14 février 2026
Bientôt 3 mois, il y a urgence !
C’est le message qu’ont martelé les occupants et leurs soutiens, le vendredi 6 février, au moment où se tenait le dernier conseil métropolitain avant les élections municipales de mars prochain : avec un important rassemblement le matin et une grosse délégation l’après-midi pour une prise de parole dans la salle du conseil.
Le moment était important, car une délibération était à l’ordre du jour pour déléguer au président la signature de conventions avec les communes ou leurs CCAS afin de permettre « la mise à disposition exceptionnelle de biens actuellement en portage EPFL »1 . La délibération proposait également l’engagement d’une réflexion, à poursuivre après les élections, pour la mise en place d’un dispositif de solidarité entre les 49 communes de Grenoble Alpes Métropole. Ce dispositif viserait notamment à financer tout ou partie des « frais de fonctionnement » liés à occupation des logements répartis dans une dizaine de communes de l’agglomération 2.
Cette délibération précédée d’intenses discussions au sein de la majorité métropolitaine, devait lever les deniers obstacles politiques et juridiques à la signature des conventions et à la remise effective des clés. S’agissant de l’hébergement d’urgence de travailleurs et de travailleuses sans papiers, la droite a voulu transformer ce débat en débat sur l’immigration mais, finalement, sur les 115 conseillers votants, 65 ont approuvé la délibération.
Après ce vote salué par une grande clameur des occupant.e.s qui suivaient les débats en direct sur vidéo, il semblait donc que plus rien ne s’opposait à un relogement rapide de la totalité des 150 occupant.e.s da la métropole. Mais entre l’engagement politique des maires qui ont donné leur accord et la mise à disposition effective des logements, le temps s’étire. Seules 3 communes ont rapidement permis la mise à l’abri de plusieurs familles ou personnes seules (25 personnes au total). Les autres semblent jouer la montre. C’est pourquoi, dès le lundi suivant la délibération métropolitaine, des délégations ont été organisées pour rencontrer toutes les municipalités qui se sont engagées, mais qui repoussent de semaines en semaines la signature des conventions et les remises de clés.
Le vendredi 13 février, un bilan a été fait devant la presse en insistant sur l’urgence d’un relogement d’un point de vue humain et d’un point de vue politique « car les élections municipales approchent, entraînant un risque d’immobilisme pré et post-électoral, voire de changements de majorité remettant en cause les accords passés »
Les occupants et occupantes se sont relayés pour de nombreuses prises de parole avec cette exigence pressante : « Que toutes les familles rejoignent un logement digne avant le 25 févier ! »
Le Dal, dont l’engagement a été salué par le président de l’association des livreurs, a expliqué ce que signifie ce dispositif inédit arraché par la lutte. Il a également insisté, au nom aussi de tous les soutiens, sur l’importance de solutions pour toutes et tous dans les jours qui viennent. Pour ceux dont ce ne serait pas encore le cas, la demande a été faite pour un hébergement transitoire en appart hôtel.
La fatigue est là, indéniable au bout de 3 longs mois d’occupation dans des conditions difficiles, mais la détermination de toutes et tous reste intacte. Jusqu’au bout, résonneront les slogans phares de cette occupation, notamment le « Qu’est-ce qu’on veut ? Des logements ! Pour qui ? Pour tous ! Pour quand ? maintenant ! »
L’exemplarité de l’organisation, la détermination des occupantes et l’engagement des soutiens, font la force de ce mouvement.
- L’EPFL est un organisme public rattaché à Grenoble-Alpes Métropole dont il met en œuvre la politique foncière. Par contrat de « portage », il devient propriétaire de biens qu’il s’engage à revendre aux communes dans le cadre de projets d’urbanisme maîtrisés. ↩︎
- La Métropole prend en charge les travaux nécessaires avant la mise à disposition des logements, ainsi que la taxe foncière. Les frais de fonctionnement (ouverture des compteurs, assurances…) sont à la charge des communes. ↩︎




Ce même 12 février, un rassemblement, à l’initiative du Dal était organisé devant l’Assemblée nationale.
Une proposition de loi visant à transférer aux maires la compétence réquisition appartenant à l’Etat y était déposée et débattue. En appui à la « campagne réquisition », il a été évoqué, lors de la conférence de presse de Grenoble, l’exemple du « Rabot ex-cité universitaire disposant de 500 chambres vides », dont la réquisition a été écartée par la mairie de Grenoble, bien que cela « s’avérait être une solution rapide et efficace ».
Nous publions le communiqué de presse de la campagne nationale Action Réquisition :
