Parti Communiste des Ouvriers de France

Nous nous battons contre l’austérité, la répression, le militarisme et la réaction
10 décembre 2025

Depuis le dernier numéro, le Parlement a continué à discuter du projet de budget, et Lecornu continue de chercher le soutien du PS. L’intérêt de cette longue séquence de débats et de manœuvres parlementaires aura été de mettre en lumière le poids décisif des monopoles dont les intérêts sont au centre du budget, l’enrichissement époustouflant des super riches, documenté par plusieurs études, et de montrer que derrière son discours pseudo-social, le RN défend les patrons, les grands actionnaires, les riches.

A la fin, on entendra souvent « tout ça, pour ça », le constat que feront certainement de nombreux militants qui y verront la confirmation de la nécessité d’entraîner leurs collègues dans la lutte pour défendre leurs acquis, leurs droits, pour résister à la déferlante patronale et pour montrer que les militants, les travailleurs « qui en veulent » sont toujours là, toujours prêts à lutter.

C’est ce qui se passe, sur le terrain, autour de celles et ceux qui se battent, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Les entreprises ferment, jetant des milliers d’ouvriers et de travailleurs, hommes et femmes, à la rue. Le gouvernement Lecornu laisse faire  ; ce n’est pas un sujet pour lui. L’avenir des sidérurgistes d’ArcelorMittal, celui des salariés des hypermarchés Auchan, et demain, les ouvriers des ex-Fonderies de Bretagne, reprises par un patron qui cumule les rachats d’entreprises en difficultés (1) , ne l’intéressent pas. A ceux d’Ascoval, l’actuel ministre a promis que «  le gouvernement soutiendrait en justice chaque action individuelle des salariés », contre Greybull (britannique), qui avait repris Ascoval en 2024  !

Quel soutien !

Tout le monde s’accorde sur le fait que le vote de la loi prévoyant la nationalisation d’ArcelorMittal France, proposée par le groupe de LFI, est essentiellement symbolique, étant donné que le texte doit passer devant le Sénat, où la droite est majoritaire et opposée à son adoption. Il en est de même pour le gouvernement, qui renvoie à «  une solution européenne » totalement exclue. On comprend aussi pourquoi les ouvriers et les syndicats du groupe se sont dits pour cette loi de nationalisation, car elle signifierait du temps gagné avant une éventuelle fermeture définitive, avec la possibilité de créer un rapport de force plus élevé.

Mais ce qui ressort en fin de compte, c’est que dans ce système capitaliste, nationalisé ou pas, ce monopole est avant tout en concurrence avec la production moins chère d’acier par d’autres monopoles, chinois, turcs, coréens… qui pratiquent de la même façon contre les ouvriers de leur entreprise.

En dénonçant « les rats qui quittent le navire  » pour parler des très grands patrons pratiquant le chantage permanent à la délocalisation, la secrétaire générale de la CGT s’en est prise aux plus grands représentants de l’oligarchie. Leur réponse : activer leurs multiples relais pour porter plainte pour « injures publiques ». Ce n’est pas seulement une manœuvre d’intimidation, c’est l’expression du climat de répression antisyndicale qui règne dans toutes les entreprises aujourd’hui.

L’austérité se conjugue avec répression accrue de toute forme de contestation.

Les dirigeants des partis politiques, qui ont monopolisé les débats autour du budget, sont déjà passés à la recherche d’alliances pour les prochaines élections. Sarkozy, le prisonnier qui n’aura passé que 15jours en prison et qui en sort avec un livre au titre ronflant, se met au service des responsables de droite qui veulent réaliser l’alliance avec le RN. Wauquiez jubile, Retailleau se tâte et Ciotti démarche. D’après les «  faiseurs d’opinion  », le patronat y est maintenant favorable et les ponts idéologiques et politiques fonctionnent déjà.

Macron, qui y a déjà contribué largement, en mettant systématiquement M.  Le Pen au centre des débats, laboure aujourd’hui le terrain de la défense de la nation, dont les frontières sont celles de l’UE, contre la menace russe.

L’austérité rime avec militarisme et réaction. C’est contre tout cela que nous nous battons ! ★


1. Les fonderies de Bretagne ont été rachetées,début 2025, par le groupe Europlasma, qui promettait de faire tourner cette usine en produisant des obus. Le ministre de l’époque a soutenu le projet, alors que le patron du groupe a cumulé les rachats frauduleux  : un véritable «  patron voyou  ». Il envisageait même aujourd’hui de racheter Novasco !