Lutter pour la rupture révolutionnaire avec le système 10 décembre 2025
L’oligarchie projette sur la société sa vision du monde : un monde chaotique, où règne la concurrence de tous contre tous, où la réaction se développe, où la guerre menace partout, où l’enrichissement de la minorité des possédants passe avant tout le reste, y compris quand c’est l’environnement qui est menacé.
Une vision où l’égalité entre les hommes et les femmes est impossible, où les enfants meurent sous les bombes à Gaza, où la jeunesse est happée par la consommation et l’individualisme forcené, les réseaux sociaux manipulateurs, sans perspective d’émancipation. Macron est un des propagandistes et un acteur de cette vision du monde, avec son arrogance, ses provocations, son cynisme et sa politique revendiquée au service de l’oligarchie, sa défense obstinée des intérêts des patrons, des riches, des marchands de canons et de la haute hiérarchie militaire.
« De cette société-là, on n’en veut pas, on la combat »
Ce n’est pas le monde de celles et ceux qui luttent au quotidien, qui s’épaulent et sont solidaires de ceux qui se battent. De celles et ceux qui résistent, qui manifestent, qui travaillent à gagner leurs camarades de travail, leurs voisins, les autres parents d’élèves, leurs copains de lycées et de facs… à les entraîner dans l’action collective.
En septembre, nous avons dit qu’un nouveau cycle de la lutte de classe était enclenché. Un cycle porté par les ouvriers et ouvrières qui refusent d’être licencié.es, par les travailleurs qui exigent des augmentations de salaires, par les femmes des métiers féminisés qui se battent pour la juste reconnaissance de leur travail, par tous ces jeunes qui se sont engagés dans le soutien au peuple palestinien, dans le soutien au peuple kanak, ceux qui dénoncent les violences policières au service des monopoles pollueurs et de l’agrobusiness… La longue séquence parlementaire n’a pas brisé ce cycle, même si elle l’a « invisibilisé » sur le plan médiatique. Le matraquage intense de ces dernières semaines sur la menace de guerre va dans le même sens.
Mais les débats sur le budget ont aussi eu pour effet de renforcer, chez les travailleurs et dans les milieux populaires, l’opposition à la politique de méga-austérité.
Et les appels à sacrifier la vie des enfants pour « défendre la nation » ont aussi fait grandir l’opposition à la militarisation de toute la société.
C’est ce qui nous fait dire que ces deux contestations, combinées, créent des conditions pour une contestation plus profonde du système dans son ensemble.
Nous voulons souligner quelques questions à l’appui de cette conviction.
La première concerne la lutte de classe dans les entreprises, les services publics et privés.
La tendance à la lutte, à résister et à soutenir celles et ceux qui luttent, continue à s’affirmer. L’idée qu’il faut se préparer à des mobilisations plus importantes, et que pour cela, il faut travailler à l’unité, à la base, se développe. De même que l’intérêt grandit pour les combats des travailleurs dans les autres pays.
La deuxième question concerne la solidarité avec le peuple palestinien, qui apparaît comme un terrain de mobilisation dans la durée, pour permettre à ce peuple de continuer à exister, en tant que peuple, notamment en prenant en compte les enfants palestiniens – l’avenir – et les conditions matérielles de vie de la population.
La troisième tourne autour de la revendication d’autodétermination du peuple kanak, point avancé du combat des peuples encore colonisés par l’impérialisme français. Le retour de C. Téin et des prisonniers et la détermination du peuple kanak, derrière le FLNKS, à rejeter « Bougival » est devenu une question et un terrain de mobilisation politique en France même.
La quatrième question concerne l’opposition au militarisme sous toutes ses formes. Le « consensus positif » autour de l’armée est remis en cause.
Le rejet de l’embrigadement de la jeunesse pour en faire de la « chair à canon » grandit. La militarisation, payée par les immenses reculs sociaux, ne passe pas.
Ces questions renvoient à la contestation du système capitaliste impérialiste. C’est à cela que nous appelons.
Pour que les colères contre les injustices sociales, incontestablement plus fortes, pour que la volonté de lutter pour une société plus solidaire, de faire taire les racistes et les fascistes, pour que les aspirations à la paix entre les peuples… se développent et deviennent une force de transformation révolutionnaire de toute la société. Pour que la perspective du socialisme ne soit pas qu’une « utopie », mais un but concret. ★
