Le narcotrafic est partie intégrante du système capitaliste impérialiste 10 décembre 2025
Le narcotrafic est à la une de l’actualité. Le meurtre du frère d’Amine Kessaci, qui milite contre l’influence grandissante des trafiquants de drogue, a éclairé cruellement la réalité des quartiers populaires gangrénés. Darmanin et Nuñez, pour le gouvernement, ont fait une descente à Marseille, répétant, après Retailleau, « nous avons atteint un point de bascule ». Mais leurs solu- tions, ce sont les recettes éculées de la politique du tout répressif, qui a peu d’effet sur le phénomène et qui fait l’impasse sur les causes de l’augmentation de la consommation de drogues.
Darmanin est venu plus de 30 fois à Marseille en trois ans. La politique ultra sécuritaire s’est poursuivie sans faillir. Au menu, des rencontres avec l’encadrement pénal, les magistrats du siège et du parquet, de hauts responsables de la police et de la gendarmerie, … et une loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », promulguée en juin, renforçant encore l’arsenal répressif. Dénoncée par les organisations démocratiques, associations et syndicats, cette politique introduit de nouvelles atteintes aux droits et libertés fondamentales, au-delà du champ de la répression du narcotrafic.
Un « parquet national anticriminalité organisée » (Pnaco) verra le jour au 1er janvier 2026, sur le modèle du parquet antiterroriste, projetant de doubler le nombre de magistrats dédiés, dans les prochains mois.
Une nouvelle infraction, le concours à une « organisation criminelle », est créée, pour entraîner des poursuites qui viseront surtout les petites mains. Les peines seront allongées, certains mineurs pourront être déférés devant les assises. C’est un pas supplémentaire contre la justice des mineurs et les droits spécifiques en termes de mesures éducatives. La surveillance sera renforcée, par l’activation à distance des objets connectés et la surveillance de masse. Les préfets pourront ordonner l’expulsion de familles entières des logements sociaux, même pour des infractions légères.
Alors que le trafic se répand partout, dans les villes petites et moyennes et que les assassinats se multiplient, Macron a fait une sortie « disruptive », comme il aime le faire. « C’est parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiquants ». Derrière cette fausse audace, il ne fait qu’égratigner les consommateurs des milieux aisés et reprend la thèse selon laquelle il fallait s’attaquer avant tout aux consommateurs. C’est cette thèse qui justifie la criminalisation des consommateurs qui reste en vigueur dans notre pays.
L’aspect qui nous préoccupe tous et toutes, ce sont ces assassinats des « petites mains », c’est la terreur des habitants des quartiers populaires où se concentrent les points de vente.
Cela fait longtemps que les constats sont faits, notamment que le trafic se développe là où il y a de la pauvreté, notamment dans des secteurs que l’Etat a abandonnés. Les ghettos deviennent le terrain de vente et des règlements de compte entre réseaux.
Le narcotrafic génère beaucoup d’argent, qui profite aux dirigeants des réseaux, qui vivent dans le luxe dans des Etats accommodants et connus, sans être inquiétés. Ces milliards passent par des banques, des circuits financiers… à tel point qu’ils sont intégrés dans le calcul du PIB !
mais semblent « insaisissables ». Et les cryptomonnaies servent aussi au « blanchiment » de cet « argent sale ».
Autrement dit, la problématique du trafic de drogue ne peut se ramener à une seule question ou une seule dimension. Il est un produit et une composante du système capitaliste impérialiste.
Comme l’exigent de nombreux habitants des quartiers où il sévit, il faut plus de social, plus d’enseignants, du boulot pour les jeunes, plus de lutte contre les discriminations, plus de perspectives … pour éviter que les jeunes soient tentés par les mirages du trafic. ★
