Italie : Succès de la grève générale du 28 novembre, grosses manifestations le 29 10 décembre 2025
Appelée par tous les syndicats de base, une grève générale a eu lieu le 28 novembre , en protestation contre les bas salaires, la loi de finance et les politiques de guerre. Elle a été très suivie, notamment dans les transports, mais aussi dans l’éducation et la santé.
Comme le soulignent nos camarades de l’Organisation pour le Parti communiste du prolétariat (piattaformacomunista.com), les salaires italiens comptent parmi les plus bas d’Europe.
Dans ce contexte, la protestation s’est cristallisée autour de la loi de finances (budget 2026) :
« L’extorsion fiscale de ces dernières années du fait de l’absence d’indexation des tranches s’élève à 5 milliards. La charge fiscale pesant sur les travailleurs est la plus élevée des dix dernières années. Des coupes continuent d’être effectuées dans le secteur de la santé. Par rapport au PIB, les dépenses sont tombées à 5,9 %. Le financement a été réduit de 17,5 milliards entre 2022 et 2026. Une personne sur dix, confrontée à l’augmentation des files d’attente et à celle du ticket modérateur (reste à charge), renonce désormais aux soins. Rien pour l’école […]. L’âge de la retraite passe à 67 ans et 3 mois à partir de 2027, ce qui pénalise particulièrement les femmes.
Il n’y a rien à propos du logement. Au contraire, un projet de loi pour des expulsions rapides (après seulement deux mois d’arriérés) géré par un commissaire ad hoc est en préparation. » Il y a, de ce point de vue, de grandes similitudes avec le budget Macron-Lecornu.
« Le gouvernement affirme vouloir des comptes en ordre afin d’attirer davantage d’investissements. Mais lesquels ? Ceux des requins qui achètent, rénovent avec des milliers de licenciements, revendent et délocalisent ? La seule dépense qui augmente est celle des dépenses militaires : 23 milliards dans les trois prochaines années. Elles atteindront bientôt 5 % du PIB. Des ressources qui sont soustraites des dépenses sociales pour être détournées vers une politique de guerre et d’agression contre les peuples.
C’est une loi de finance adaptée aux patrons, aux banques, aux vendeurs d’armes, qui repose entièrement sur les épaules des classes laborieuses, les plongeant dans la misère. » A Gênes, la mobilisation a continué le lundi 1er décembre, aux côtés des anciens ouvriers d’Ilva (aciéries fermées par ArcelorMittal).
Une autre grève générale est appelée pour le 12 décembre par la CGIL qui n’a pas voulu se joindre à l’appel du 28 novembre lancé par les syndicats de base :
« La direction du CGIL a eu tort de diviser le front de lutte construit le 3 octobre en engageant une grève distincte, malgré la poussée unie d’une part considérable de sa base. » Mais cette journée sera utilisée pour y « placer les revendications urgentes et vitales de la classe ouvrière au centre (…) Les hausses de salaire, les fonds pour la santé, l’éducation, les pensions, le logement, la protection de l’environnement, le rejet des dépenses militaires, une forte taxation du capital, des riches et des parasites, constituent la plateforme des revendications à défendre sur le lieu de travail et sur le territoire. » Fortement engagés dans ces mobilisations, les camarades travaillent à ouvrir des perspectives à cette entrée en force de la classe ouvrière italienne dans le combat contre la politique pro-business, d’austérité et de guerre menée par le gouvernement Melloni.
« La lutte et l’unité doivent être construites dans les usines et sur les places, en se séparant de l’opportunisme et du divisionnisme politique et syndical, en appliquant des politiques d’un front uni prolétarien anticapitaliste et d’un front uni antifasciste et anti-impérialiste, pour le pain, la paix et la liberté. Ils pourront aider à structurer et donner de l’élan au processus de reconstruction d’un véritable parti communiste, un instrument indispensable à l’émancipation de la classe ouvrière et, avec elle, de l’ensemble de la société »
La grève du 28 novembre a été suivie, le 29 novembre, de puissantes manifestations à Rome et Milan en solidarité avec le peuple palestinien , dans un contexte, là aussi, de fort engagement de secteurs ouvriers, notamment des dockers, dans les grèves, les manifestations et les blocages des fournitures militaires à destination de l’Etat génocidaire d’Israël. ! ★
