Parti Communiste des Ouvriers de France

Qui veut la peau de l’audiovisuel public ?
10 décembre 2025

Les coups pleuvent de tous côtés et se conjuguent contre l’audiovisuel public. Restrictions budgétaires de l’Etat, réforme voulue par la ministre de la Culture Rachida Dati, et maintenant, offensive des députés ciottistes, fervents défenseurs de la privatisation du service public de l’audiovisuel. Ils exigent et ont obtenu une commission d’enquête sur sa neutralité, son fonctionnement et son financement.

Ces attaques ont des conséquences sur les salariés du secteur, la qualité et la richesse des programmes.

Dans notre édition du mois de juillet, nous nous sommes fait l’écho de la mobilisation de personnels des chaînes de radio et de télévision publiques en grève contre la réforme Dati. La ministre de la Culture du gouvernement Macron défend bec et ongles une réforme qui vise, comme l’ont expliqué les représentants syndicaux, à faire de grosses économies sur la masse salariale mais porte aussi un risque de dérive autoritaire. Ce projet, rejeté à l’Assemblée Nationale mais adopté au Sénat, a été stoppé dans son parcours parlementaire suite à la démission de Bayrou. Mais la ministre Dati n’a pas l’intention de renoncer et l’exécutif a prévu de faire adopter la réforme, dans une version «  allégée  », à la séance parlementaire du 17 et 18 décembre.

Outre le projet de holding et de direction unique qui rassemblerait France Télévisions, Radio France et l’Ina, le service public de l’audiovisuel serait également soumis à une cure d’austérité. La diminution de ses crédits qui dure depuis quelques années risque de s’amplifier. Comme l’ensemble des services publics, l’audiovisuel voit donc ses budgets diminuer, ce qui a des conséquences sur la qualité et la diversité des programmes. Les émissions de flux (émission de plateau) sont particulièrement visées. Mais les conséquences se font aussi sentir sur les personnels. Les conditions de travail se détériorent et des postes sont supprimés. Les investissements dans la création sont en baisse. C’est une filière de 260 000 emplois qui est concernée.

S’ajoutent aujourd’hui les attaques de l’extrême droite.

Il y a eu tout d’abord la réplique de Lagardère, dirigeant de TF1, parlant « d’attaques excessives » au lendemain d’une lettre au régulateur de l’audiovisuel (Arcom) de Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, et Sibyle Veil, présidente de Radio France.

Elles y dénonçaient une campagne de dénigrement de la part des médias de la galaxie Bolloré, notamment d’Europe 1 et de Cnews. Si Lagardère déclarait :

« Ces propos mettent en cause le travail et l’honorabilité de tous les journalistes et collaborateurs d’Europe 1, ce que je ne peux tolérer », R.  Dati, interpellée le 19 novembre lors d’une séance à l’AN par un député ciottiste sur cette initiative, loin de prendre la défense de ces deux dirigeantes, a eu le culot de déclarer : « Cette démarche n’avait en aucun cas été concertée, et encore moins approuvée par les tutelles » (sic).

L’émission Complément d’enquête de France Télévisions diffusée en juin sur les nombreuses affaires judiciaires de la ministre poursuivie en correctionnelle pour corruption et trafic d’influence y sont sûrement pour quelque chose.

Poussant leur avantage, les ciottistes, par la voix de leur député M. Allonele (UDR), ont demandé et obtenu une commission d’enquête parlementaire sur «  la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public ». D’ici mi-avril 2026, échéance pour la remise du rapport, une cinquantaine d’auditions doivent avoir lieu  ; celle des dirigeantes des deux entités FT et RF, mais aussi celle du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) et celle de l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique).

Quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Ce dicton pourrait bien s’appliquer au service public de l’audiovisuel. Des macronistes à l’extrême droite, tous veulent sa peau… en le dépeçant petit à petit. ★